Cassandra-Meredith, le passé imparfait subjonctif.

Publié le par cassandra-meredith.over-blog.com

Tiré de l'ouvrage de F. Genset, Historien de la beuverie à Paris et Navarre, Sociétaire honoraire de  La Comédie Française de Cousegoules. (extraits).

 

L'histoire prend place parmi les temps reculés de la Préhistoire. En ces temps là, le monde était un joyeux bordel où les hommes étaient encore plus poilus que des lévriers afghans, les femmes à poil aussi, les mammouths, des animaux de compagnie tenus en laisse par des lianes de centaines de mètres de long hyper lourdes, la rosée du matin des météorites, les volcans à la place des cuisinières, etc...

Et pour ne rien gâcher, les dieux vivaient parmi les hommes.

En gros, c'était pas facile-facile tous les jours et la vie était plûtot austère (par opposition à la vie Auchan).

Mais tout n'était pas aussi bordélique que ça dans l'organisation quotidienne ; chacun avait son rôle: les hommes partaient chasser (tout du moins faisaient semblant et allaient s'abreuver aux arbres à hydromel, avant de renter bredouilles et couverts de bleus à force de se castagner avec la tribu de l'arbre d'en face, empestant l'alcool), pendant que les femmes restaient à la caverne à récurer les assiettes en omoplates de diplodocus de leur grand-mère, tout en faisant réchauffer le navarin d'auroch de la veille (c'est sûrement de cette époque lointaine que l'on tient l'expression immémoriale "les hommes au bistrot, les femmes au fourneaux").

Et un beau jour, certainement lassée par cette routine quotidienne qui durait depuis presque un million d'années (on dirait que l'histoire se passe dans le sud, le temps dure longtemps), et de surcroit plus intelligente que les autres, une femme des cavernes que nous nommerons X (non pas pour préserver l'anonymat, mais par commodité puisqu'ils n'avaient pas de nom à l'époque), inventa un ingénieux stratagème: elle attrapa un bout de charbon et se le passa d'un geste peu assuré mais toutefois langoureux sur les yeux, se recouvrit la bouche et les paumettes de sang de yak, et enfila ses jambes dans deux trompes noires de mammouths. Attifée de la sorte, elle accompagna les mâles de son clan à la baston, prétextant une course à faire sur le chemin aux galeries Lascauyettes. Une fois sur place, et devant la tribu de l'arbre d'en face, elle se mit à chanter le peu de syballes en vigueur à l'époque "La-Li-Lo-La" d'une voix si sensuelle qu'elle aurait pu charmer tous les serpents de la planète, et dieu sait qu'ils étaient gros en ces temps reculés. Les mâles de la tribu d'en face restèrent tellement subjugés devant tant de grâce et de beautés qu'ils se laissèrent casser la gueule sans sourciller, à tel point qu'ils ne s'en aperçurent que le lendemain.

Ce fût une écrasante victoire, et, sans le savoir, X venait d'inventer le maquillage, le porte-jarretelle, et le concept de Pin-up.

Prehistorock

Comme l'on disait plus haut, les dieux vivaient parmi les hommes.

Deux, trois petits éclaircissements avant de poursuivre ; les dieux étaient loin des représentations que l'on en fait aujourd'hui, comme des êtres gigantesques et lumineux ou des patriarches barbus en toge ou pyjama blancs. Non, en realité, ils ressemblaient à des gens de tous les jours, comme on pouvait en voir dans les années 50, avec des téléphones à cadrans et des télés noir et blanc. Ca peut paraître ringard aujourd'hui, mais à l'époque, ça en faisait vraiment des dieux, et pour tout dire, ça en jetait pas mal, même. Toujours au courant de ce qui se passait dans le monde, ils décidèrent, donc, de recompenser Mme X pour son ingéniosité, en commençant par lui donner un nom," Lalilola", et de l'affubler de petits pouvoirs sympatoches comme une grande longévité et une clairvoyance extrême, entre autres.

 

C'est ainsi qu'apparût la première sorcière/fée de l'Histoire.

C'est ainsi aussi qu'on commence à perdre sa trace.

 

Les informations qui suivent sont invérifiables, mais certains spécialistes s'accordent à penser que si la statue du sphinx n'a plus de nez, c'est que la pierre a été fragilisée car resculptée des années plus tard (la preuve c'est que la tête est plus petite que le corps en proportions), et qu'à l'origine c'etait une tête de femme aux lèvres pulpeuses qui était représentée, le terme sphinx se traduisant d'ailleurs par "Lelolil" en araméen litérraire, étrange coïncidence.Spynx

Croquis du Sphinx datant de -1500 avant J.C. (non attribué).

 

On témoigne aussi que sur des brouillons du plafond de la chapelle Sixtine, Michelangelo envisageait de faire apparaître une fée brune juste entre la main de dieu et de l'homme, peinture qui restera inachevée à cause de torticolis chroniques, crampes au bras, conjonctivites dues à des gouttes de peinture dans l'oeil et tendinites diverses, occasionnées à l'artiste par le fait de peindre un plafond le bras en l'air. Michelangelo

Esquisse attribuée à Michel-Ange (environ 1500)


 

On parle aussi souvent d'un hypothétique 5ème Beatles des débuts, sans jamais évoquer, grave erreur, que ç'aurait pu être une madame. Enfin, comme on dit, "le sage montre la lune, les idiots regardent le doigt".

On retrouve donc sa trace avec certitude, une poignée de géant d'années plus tard, aux alentours de la méditerrannée, sur une île peuplée de gentils sangliers, d'adorables ânes gris, de magnifiques fleurs mordorées et de sympathique chevotrine, terre portant le doux nom d'"Ildeboté", que des illétrés traduiront phonétiquement plus tard par "Corse".

Elle y vécut paisiblement de longues années, écrivant toutes sortes d'histoires de princesses sur les feuilles des arbres, et cultivant les petits pois.

Son éphémère quiètude fut cependant troublée un matin d'hiver par la brusque arrivée d'un noble autoproclamé en mal de terre à conquérir: Giscard de la Piéride du Chou.

Giscard de

Il arriva sans crier gare, debout dans le champs de petits pois, arborant un blason représentant un papillon sortant d'un chou minuscule. Ce n'était effectivement pas trop guerrier comme blason, mais tous ceux avec des dragons crachant du feu ou des lions rugissant ayant déjà été réservés, il avait fini par opter pour celui là, et secrètement, il l'adorait. Lorsqu'il vit la sorcière sortir de sa cabane en pomme de pin, le coup de foudre fut immédiat et réciproque. Submergé par tant de beauté, le nobliau déposa instantanément les armes et renonça sur le champ à l'invasion (il faut préciser qu'il etait le seul dans son armée.). S'ensuivit une passion qui ferait passer "Autant en emporte le vent" pour un mauvais épisode de "Nous deux".

C'est ainsi que naquit dans un feu d'artifice de fleurs et d'étoiles de mer la première fée/sorcière humaine de l'Histoire.

Cassandra-Meredith. C'est ainsi qu'elle fût nommée aprés un long et douloureux débat entre ses deux parents (en fait, la discussion ne dura que quelques minutes, mais quand les amoureux ne sont pas d'accord cela leur semble durer des heures, bref...). On s'accorda donc à lui donner un nom de fée, un nom de sorcière et de mettre un tiret entre les deux, ce qui eut pour effet, d'une, de contenter les deux parties, de deux, de ressembler à un prénom humain, et de trois, de donner le plus joli des prénoms pensé depuis longtemps, à la juste image de cet enfant. Le plus joli des paradoxes, mais nous y reviendrons plus tard.... CassandraM

Publié dans Il était une fois...

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